Navigation rapide

TC MediaLes Nouvelles régionales
présentées par TC Media

Flux RSS pour des nouvelles à travers le Web:   RSS

La Madame des Jeux

21 novembre 2014

 

 Aucun surnom ou sobriquet ne peut être plus juste pour un personnage comme Michelle Gendron. 

 C’est de cette façon que l’identifient plusieurs de ceux et celles qui ont vécu les Jeux du Québec. Parlez-en à Pierre Harvey, Gaétan Boucher, Sylvie Bernier, Alexandre Despatie et plusieurs autres Olympiens québécois dont la carrière sportive a démarré grâce à cette manifestation de sport régional, puis provincial, qu’elle fusse participative au départ, ou compétitive à l’arrivée. 

 Ces personnalités ne sont que l’infime pointe d’un iceberg dont la portion moins visible est formée de près de 4 millions d’athlètes et d’un million de bénévoles qui ont connu leur premier défi athlétique, social ou organisationnel à l’un ou l’autre de ces rassemblements. Et plusieurs de ces millions de participants ont croisé, ne serait-ce qu’une fois… la Madame des Jeux. C’est donc, logiquement, à travers ses souvenirs et son expérience de plusieurs décennies qu’on peut saisir l’essence de ce bel événement. 

1970 : les premiers bourgeons 

 C’est dans un parc de Joliette que l’aventure a réellement commencé pour Michelle Gendron. Monitrice de terrains de jeux, elle avait reçu une visite qui devait poser le premier jalon de sa belle et longue carrière. «En mars 1970, la Corporation des Jeux du Québec avait été créée et des ententes avaient été prises avec les fédérations sportives pour que des gens fassent une tournée du Québec et visitent des parcs et terrains de jeux afin de montrer aux jeunes différents sports qui ne se pratiquaient pas chez eux. 

 Chez nous, à Joliette, c’était entre autres la fédération de soccer qui a débarqué pour enseigner les rudiments de ce sport. Ça s’était passé sur des terrains de football américain puisque nous n’avions pas de terrains de soccer. Quand l’été est arrivé, on a fait les Jeux du Québec, région de Lanaudière. On a créé des équipes de soccer et on les a fait jouer, selon les règles de l’art, dans un tournoi, avec des médailles. » Ces Jeux régionaux ont créé un tel engouement que les intervenants de différents milieux ont décidé de créer un rassemblement provincial, à chaque année. La première édition était organisée à Rivière-Du-Loup, à l’été 1971. On connaît la suite. 

 En 1978, quand Joliette a accueilli la Finale provinciale, Michelle Gendron a fait la transition depuis le niveau régional et s’est engagée dans le comité d’organisation du « gros événement » Elle en sera donc à sa 38e Finale provinciale à Drummondville. En 45 ans, les Finales provinciales auront été organisées 25 fois en été et autant de fois en hiver. Depuis 1970, toutes les régions du Québec ont accueilli au moins une Finale des Jeux. Cet hiver, c’est à Drummondville que se tiendra la 50e Finale des Jeux. 

 De façon étonnante, la Finale des Jeux du Québec est comparable aux Jeux olympiques d’hiver accueillant sensiblement le même nombre d’athlètes (approximativement 3 000); qui plus est, un nombre plus élevé d’accompagnateurs sont présents aux Finales des Jeux qui offrent de plus une programmation comportant plus de sports et plus de compétitions qu’aux Jeux olympiques d’hiver. Différence très importante aux yeux des organisateurs … et de Michelle Gendron : le budget! Avec celui d’une seule cérémonie des Jeux olympiques, les Québécois sont en mesure d’organiser au moins 10 Finales des Jeux du Québec!

Un programme qui évolue

 Le programme des Jeux a évolué. Favorisant d’abord le développement des sports, ils sont progressivement devenus une étape importante dans le cheminement des athlètes, permettant la détection et l’encadrement du talent, tout en restant une expérience sportive stimulante pour tous les jeunes. «Et, en 2003, on est passé à une autre étape. On a créé « Mes premiers Jeux». C’est une sensibilisation aux différents sports, destinée aux 6-12 ans, par le biais de visites dans les camps de jour ou dans les écoles. Ça marche si bien qu’on pourrait tripler et même quadrupler les projets. Il ne manque que le financement. Mais on y travaille.» 

Tremplin pour des champions 

 Les belles histoires sont nombreuses aux Jeux du Québec. Michelle Gendron pourrait en réciter tout un livre. Mais, évidemment, si ces histoires ont été celles d’athlètes devenus célèbres, elles frappent l’imagination et servent de motivation aux générations suivantes. 

 «Pierre Harvey a été médaillé, en natation, aux Jeux de 1972, à Chicoutimi. Pour lui, ça a été un élément déclencheur surtout quand on sait que Pierre Harvey a participé à des Jeux olympiques d’hiver et d’été. Eh bien son fils Alex, lui, a participé aux Jeux en hiver en 2001. Et, je vous jure, Pierre m’a alors dit que son fils irait beaucoup plus loin que lui… ». L’histoire lui a donné raison!

 Même chose pour Gaétan Boucher et son fils. Les deux ont fait les Jeux en patinage de vitesse. Pour le fils, c’était une de ses dernières compétitions de patinage avant qu’il ne s’oriente vers le hockey. 

 Même chose pour Sylvie Bernier et sa fille. « Sylvie m’a raconté qu’elle s’est mise à pleurer en voyant sa fille participer aux Jeux régionaux et gagner une médaille. Elle s’est revue au même âge quand elle a remporté une médaille à l’époque. C’était touchant et particulier. Et à ce moment, elle revenait des Jeux olympiques de Pékin… mais c’est des Jeux du Québec régionaux dont elle me parlait avec émotion. » 

 Intarissable, Michelle défile autant de noms connus que de souvenirs touchants. C’est alors qu’elle arrive à celui d’Alexandre Despatie. C’est, dit-elle, une de ses belles histoires des Jeux. « C’était à Baie-Comeau, en 1993. Alexandre avait huit ans, avait été surclassé chez les 12 ans et avait remporté la médaille d’or. Nous lui avons fait vivre sa première conférence de presse à vie où il a étonné tout le monde. Quand un journaliste lui a demandé ce que ça lui faisait de compétitionner contre des plus grands que lui, il avait répondu «Moi monsieur, quand je suis sur le tremplin, je suis tout seul. » Et vlan. Il avait déjà de l’assurance. Et vous avez constaté qu’il ne l’a pas perdue aujourd’hui. Parallèlement, il est resté fidèle à la communauté sportive : son succès et sa célébrité ne l’ont jamais empêché de répondre présent à nos appels! ».